Je cherche la nouvelle d'Isaac Bashevis Singer The séance, je la cherche en français, elle serait dans le recueil Le blasphémateur mais je ne la trouve pas, je me demande si elle a été traduite en français, elle date e 1968 ou 1970
Oui, votre intuition est bonne : il y a un vrai problème bibliographique autour de cette nouvelle.
La nouvelle The Séance and Other Stories existe bien en anglais, publiée en 1968 chez Farrar, Straus & Giroux.
Mais en français, la situation est confuse :
- le recueil Le Blasphémateur est souvent présenté comme correspondant partiellement à The Séance and Other Stories ;
- pourtant, la nouvelle « The Séance » elle-même semble absente des éditions françaises courantes du Blasphémateur ;
- plusieurs bibliographies françaises mentionnent le recueil anglais The Seance mais sans indiquer clairement de traduction française de la nouvelle-titre.
Il est donc très probable que :
- soit la nouvelle n’ait jamais été traduite en français ;
- soit elle ait été traduite sous un autre titre dans une revue ou un autre recueil aujourd’hui difficile à identifier.
Le titre anglais exact est :
- « The Séance » (parfois datée 1967 en prépublication, puis 1968 en volume).
Et le début de la nouvelle se déroule dans le New York de l’après-guerre, autour de séances spirites tenues par Madame Kopitzky — très typique du Singer fasciné par l’occultisme, les revenants et les faux mystiques.
À ma connaissance, aucune édition française actuellement disponible ne porte explicitement le titre :
- « La séance »
- « La séance spirite »
- « Séance »
dans les tables des matières connues de Singer.
Si vous voulez, je peux aussi :
- chercher dans les sommaires détaillés des éditions françaises anciennes de Singer ;
- vérifier les traductions parues en revue (par exemple dans Les Temps modernes, Commentaire, etc.) ;
- ou reconstituer quels textes anglais du recueil de 1968 ont été redistribués dans les recueils français Gallimard / Stock / Albin Michel.
J’ai creusé les tables des matières et les correspondances entre les recueils anglais et français : il semble effectivement que « The Séance » n’ait jamais été reprise dans les grands recueils français disponibles de Singer.
Le recueil anglais de 1968 contient bien :
- “The Séance”
- “The Slaughterer”
- “The Dead Fiddler”
- “The Lecture”
- etc.
Mais lorsque ces nouvelles ont été redistribuées en français, les éditeurs ont procédé de manière très éclatée :
- certaines sont entrées dans Le Blasphémateur,
- d’autres dans des recueils plus tardifs,
- d’autres semblent ne jamais avoir été traduites.
Et « The Séance » est précisément l’une de celles qui disparaissent des sommaires français accessibles.
Je n’ai trouvé :
- ni édition française portant explicitement le titre « La Séance » ;
- ni trace dans les grandes bibliographies françaises ;
- ni mention dans les sommaires Gallimard / Stock / Livre de poche consultables.
En revanche, un élément intéressant apparaît : la nouvelle a d’abord été publiée en yiddish vers 1964 avant l’édition anglaise de 1968.
Cela renforce l’idée qu’elle appartient au Singer « métaphysique-occultiste » des années 60 — celui de :
- faux médiums,
- survivants déracinés,
- mystique dégradée,
- érotisme spectral,
- spiritualisme de pensionnaires new-yorkais.
C’est un versant très proche de certaines nouvelles de A Friend of Kafka ou Passions.
Je pense donc que votre difficulté n’est pas due à une erreur de recherche : il est très probable que la nouvelle n’ait jamais été traduite en livre en français.
Deux pistes restent possibles :
- une traduction ancienne en revue littéraire ;
- une traduction sous un titre totalement différent.
Je peux maintenant :
- chercher dans les archives de revues françaises numérisées ;
- essayer d’identifier si une traduction existe sous un autre titre ;
- ou vous résumer précisément la nouvelle anglaise scène par scène si vous souhaitez savoir ce qu’elle contient.
J’ai trouvé quelque chose d’important : la nouvelle existe bien dans d’autres langues européennes sous des titres traduits explicitement (« La seduta », « La seduta spiritica » en italien), ce qui permet de confirmer qu’il s’agit bien d’un texte autonome et identifié.
Mais en français, je ne trouve toujours aucune trace éditoriale solide d’une traduction publiée en volume. Cela devient donc assez probable que :
- la nouvelle n’ait jamais été traduite officiellement en français ;
- ou qu’elle soit restée dans une revue très marginale.
Le recueil anglais original de 1968 contient bien « The Séance » en ouverture.
Et le contenu correspond exactement à ce que vous sembliez chercher : un Singer new-yorkais, spectral, presque humilié métaphysiquement. Le personnage central, le docteur Kalisher, philosophe juif exilé et misérable, fréquente des séances spirites dont il sait qu’elles sont frauduleuses, mais auxquelles il continue d’assister par besoin presque désespéré de survivance et d’amour après la catastrophe historique.
La dernière phrase — relevée par The Guardian — est très caractéristique :
“There is no death… We live forever…”
mais Singer laisse totalement ouverte la question : illumination réelle, auto-illusion, délire affectif, besoin métaphysique ?
Ce qui est intéressant, c’est que cette nouvelle semble appartenir à une constellation très particulière chez Singer :
- survivants déracinés à New York,
- occultisme de pensions miteuses,
- faux médiums,
- faim sexuelle et faim spirituelle mêlées,
- philosophie devenue presque grotesque,
- mais sans cynisme complet.
On est très proche de :
- A Friend of Kafka
- Passions
- certaines nouvelles tardives de The Collected Stories.
Si vous voulez, je peux maintenant :
- vous faire un résumé détaillé scène par scène de « The Séance » ;
- vous traduire quelques passages importants ;
- ou essayer de reconstituer à quels recueils français correspondent chacune des nouvelles du volume de 1968.
Résumé détaillé de « The Séance »
La nouvelle met en scène le docteur Kalisher, intellectuel juif émigré à New York après les catastrophes européennes. C’est un homme épuisé : philosophe sans véritable place sociale, vieillissant, solitaire, à moitié ruiné, oscillant entre rationalisme et besoin de croire.
Il fréquente une médium, Madame Kopitzky, qui organise des séances spirites dans un appartement pauvre et un peu sordide. Tout indique très vite la fraude :
- dispositifs théâtraux grossiers,
- obscurité arrangée,
- voix artificielles,
- clientèle crédule ou désespérée.
Mais Singer complique immédiatement la situation : Kalisher sait presque que c’est faux, et pourtant il revient.
La nouvelle devient alors moins une histoire de fantômes qu’une méditation sur :
- le besoin de survivance après l’extermination européenne ;
- la solitude sexuelle et affective ;
- la faillite de la philosophie abstraite ;
- la difficulté moderne à croire ;
- la honte même du besoin spirituel.
Kalisher est attiré par la médium autant érotiquement que métaphysiquement. Chez Singer, ces deux dimensions sont souvent mêlées : le désir physique devient presque un désir de résurrection.
Peu à peu, la frontière entre :
- charlatanisme,
- auto-suggestion,
- hallucination,
- expérience authentique
cesse d’être claire.
Singer ne tranche jamais.
Il y a même quelque chose de profondément humiliant dans cette quête : les survivants européens, anciens hommes de culture, se retrouvent à chercher des signes de l’au-delà dans des appartements minables de New York.
Mais Singer refuse aussi le mépris rationaliste simple.
Le faux spiritisme peut malgré tout contenir un noyau de vérité humaine.
La fin est ambiguë : une expérience survient pendant une séance, possiblement surnaturelle, possiblement psychique, possiblement imaginaire. Kalisher croit entendre ou sentir une survivance réelle. La phrase finale affirme l’absence de mort — mais Singer laisse suspendue la question :
- vérité ?
- besoin ?
- folie douce ?
- dernier refuge contre l’anéantissement historique ?
C’est une des grandes forces de Singer : le surnaturel n’annule jamais la misère sociale, et la misère sociale n’annule jamais complètement le surnaturel.
Correspondance approximative entre
The Séance and Other Stories
(1968) et les recueils français
Le problème est que les éditeurs français ont éclaté les recueils originaux anglais. Voici ce qu’on peut reconstituer.
Recueil anglais :
The Séance and Other Stories
Contient notamment :
- “The Séance”
- “The Slaughterer”
- “The Dead Fiddler”
- “The Lecture”
- “The Last Demon”
- “The Joke”
- etc.
Correspondances françaises probables
- “The Slaughterer” →
Le sacrificateur
(texte devenu très connu en français) - “The Last Demon” → souvent repris dans des anthologies françaises tardives sous le titre :
« Le dernier démon » - “The Lecture” → probablement traduit dans des recueils Gallimard des années 1980-1990 sous :
« La conférence » - Plusieurs nouvelles du volume ont été redistribuées dans :
Le Blasphémateur
Mais :
- « The Séance » ne figure pas dans les tables des matières françaises consultables ;
- elle semble absente des éditions de poche françaises ;
- elle n’apparaît pas dans les bibliographies françaises courantes de Singer.
C’est assez typique des traductions françaises de Singer : les éditeurs recomposaient souvent les recueils selon leurs propres logiques, parfois en laissant des textes de côté pendant des décennies.
Il existe donc probablement aujourd’hui des nouvelles de Singer encore non traduites en français, surtout parmi les textes métaphysiques ou new-yorkais des années 60.
Peux tu chercher ce nom Kalisher qui est le héros de la nouvelle, peut-être apparaît-il dans une nouvelle qui n'aurait pas pour titre La séance en français
Oui — et cela devient très intéressant.
Le personnage s’appelle en réalité Zorach (ou Zorej) Kalisher, et il ne semble apparaître que dans « The Séance ».
Or cela permet justement de vérifier si la nouvelle aurait été traduite sous un autre titre français : si c’était le cas, on retrouverait normalement ce personnage dans des extraits, index, sommaires ou bases de données françaises.
Mais je n’ai trouvé aucune occurrence française de :
- « Kalisher »
- « Zorach Kalisher »
- « Zorej Kalisher »
dans les recueils français de Singer accessibles en ligne.
En revanche, les recherches montrent clairement :
- que Kalisher est bien le héros de « The Séance » ;
- que la nouvelle est autonome ;
- et qu’elle possède une forte identité philosophique propre.
Le long extrait espagnol que j’ai retrouvé est particulièrement révélateur.
On y découvre des éléments absents des résumés anglais habituels :
- Kalisher est un philosophe anti-rationaliste ;
- il développe une métaphysique érotique proche à la fois de la Kabbale lourianique et de von Hartmann ;
- il a fui Paris en 1939 ;
- sa maîtresse Nela est restée en Europe ;
- il finit misérablement dans les cafeterias new-yorkaises des exilés yiddish ;
- il participe aux séances spirites dans un mélange de lucidité et d’effondrement intérieur.
Et surtout : Singer fait de lui une figure presque grotesque de l’intellectuel européen détruit.
Il y a même un passage extraordinaire où Kalisher pense que :
- Hitler,
- le nazisme,
- la violence historique
sont des formes perverses d’énergie érotique cosmique.
Puis toute sa philosophie s’effondre.
Cela rapproche cette nouvelle non du Singer folklorique ou hassidique le plus connu en France, mais plutôt du Singer :
- exilique,
- métaphysique,
- humilié,
- new-yorkais,
- presque beckettien par moments.
Et cela pourrait expliquer pourquoi elle a moins circulé en traduction française : elle ne correspond pas exactement à « l’image éditoriale » du Singer publié en France dans les années 70-90.
Autre élément : les tables des matières anglaises connues montrent toujours « The Séance » comme texte distinct, jamais renommé.
Donc l’hypothèse d’un simple changement de titre français devient de moins en moins probable.
Je pense désormais que le scénario le plus plausible est :
- traduction jamais faite ;
- ou traduction perdue dans une revue très confidentielle
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