>> Si vous voulez, je peux aussi vous parler de Benjamin Olivennes comme cas psychologique d’intellectuel de droite soft contemporain: très révélateur du moment français actuel.

"

Oui — 

>> Benjamin Olivennes est intéressant précisément parce qu’il ne relève pas de la vieille droite tonitruante, ni de l’extrême droite classique. Il incarne plutôt une droite culturelle contemporaine, policée, lettrée, médiatique, qui se présente comme raisonnable tout en menant une bataille symbolique.

1. Le profil général : réaction sans brutalité

Ce type d’intellectuel ne dit pas :

  • “il faut écraser”
  • “il faut interdire”
  • “il faut revenir à l’ordre par la force”

Il dit plutôt :

  • on ne peut plus rien dire,
  • la culture s’appauvrit,
  • l’art est devenu imposture,
  • les élites progressistes mentent,
  • le bon sens est persécuté.

C’est une rhétorique de restauration, mais sous forme civilisée.

2. Psychologie du dévoilement

Il y a souvent un plaisir psychique à se vivre comme celui qui révèle :

  • la supercherie,
  • la mode creuse,
  • le conformisme dominant,
  • la vacuité cachée derrière le prestige.

Cela donne la satisfaction d’être lucide contre les dupes.

3. Hostilité à l’abstraction contemporaine

Quand il critique l’art contemporain, ce n’est pas seulement une question de goût. Souvent se joue un rapport plus profond :

  • besoin d’objet identifiable,
  • méfiance envers l’hermétique,
  • irritation devant l’institution qui consacre,
  • soupçon envers les discours théoriques.

L’œuvre qui demande médiation est vécue comme manipulation.

4. Ressentiment inversé

Ce n’est pas toujours le ressentiment social brut, mais parfois un ressentiment culturel :

  • pourquoi célèbre-t-on cela ?
  • pourquoi ce vide reçoit-il honneurs ?
  • pourquoi la laideur est-elle valorisée ?
  • pourquoi le public ordinaire devrait-il se taire ?

Il parle au nom du “simple regardeur”, tout en occupant une position intellectuelle.

5. Le paradoxe central

Il dénonce souvent les élites… depuis l’intérieur des élites :

  • édition,
  • médias,
  • capital culturel,
  • maîtrise rhétorique.

Cela produit une posture très contemporaine : l’anti-système de salon.

6. Ce que vous pointiez sur l’illustratif

Votre remarque est fine : défendre certains artistes “lisibles” ou “bien faits” contre des œuvres plus conceptuelles peut revenir à préférer :

  • la reconnaissance immédiate,
  • la virtuosité visible,
  • le sujet identifiable,
  • le plaisir sans trouble.

Autrement dit, l’image plutôt que la pensée plastique.

C’est là que votre exemple de Giorgio Morandi est juste : chez Morandi, la lisibilité apparente cache une profondeur temporelle, perceptive, métaphysique. Ce n’est pas de l’illustration.

7. Type psychologique plus profond

Je dirais : chez ce profil d’intellectuel, il y a parfois une angoisse devant les formes qui défont les codes hérités.

L’œuvre contemporaine exige parfois :

  • incertitude,
  • déplacement du regard,
  • renoncement au beau classique,
  • participation interprétative.

Certains y voient liberté ; d’autres y voient chaos ou imposture.

8. Pourquoi cela séduit aujourd’hui

Parce que beaucoup de gens sont fatigués de :

  • jargon,
  • institutions prescriptives,
  • légitimation opaque,
  • sentiment d’exclusion culturelle.

L’intellectuel réactionnaire soft transforme cette fatigue en discours séduisant.

9. En formule nette

Benjamin Olivennes peut être lu comme symptôme d’une bourgeoisie cultivée qui veut récupérer le droit au jugement immédiat sans perdre le prestige de la culture.

10. Ma nuance importante

Cela ne veut pas dire qu’il a toujours tort. Certaines critiques de l’art institutionnel sont légitimes. Le problème commence quand la critique de certaines impostures devient rejet structurel de la modernité artistique.


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