ancien post facebook du 26 janvier 2022:
>> " - dans le livre The Ruins of Detroit, les lieux ont été volontairement représentés dépeuplés, ce qui permet de la rendre esthétique. C'est la condition d'une ruine hyperphotogénique, hyperbrillante, très léchée, très belle qu'on consomme collectivement et qui vient correspondre à notre idée de la beauté.
Que cache cette esthétique de la ruine artificielle ?
Ce faux vide esthétique masque une réalité sociale. A Detroit, c'est l'abandon de l'Etat, la misère, la violence, les émeutes raciales des années 60. En un mot, la ruine cache le bidonville. Aujourd'hui, dans le centre de la ville américaine, la mortalité infantile est au niveau de celle du Sri Lanka. Mais, bien sûr, cela n'apparaît pas sur les photos d'Yves Marchand et Romain Meffre, puisque dans leur livre la ville a été vidée de ses habitants. Donc là, la ruine, en tant qu'objet «fake», occupe une fonction idéologique majeure : refouler un passé qui a donné lieu à une réalité sociale dont on se lave les mains. Une logique similaire est à l'œuvre dans le vintage qu'affectionnent les hipsters. Le petit atelier de centre-ville reconverti de façon fake en café vintage vient titiller une nostalgie ambiguë, qui n'exprime pas tant le rêve des solidarités ouvrières que le désir de leur disparition."
Diane Scott in Libération ...
lien de l'article là ...
recherche google images sur Hubert Robert là ...
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