jeudi 9 février 2023

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 ancien post Facebook du 12 avril 2022 

La première photo est de Robert Frank, la seconde d'Alec Soth, j'ai fait plusieurs fois des posts sur les emprunts ou hommages cachés de Soth aux autres photos, là c'est très direct, [presque] gênant même, et c'est intéressant car on se demande aussi ce qu'il voit, ce que nous voyons aussi, lui ne regarde rien, ne voit rien, il reproduit un cadre, on se dit il aurait pu au moins supprimer un des deux rideaux, et peut-être qu'il aurait regardé quelque chose, là le dehors est juste une partie de l'image, un fond, un fond d'image comme on dit un fond de verre ou de bouteille, chez Frank c'est la tristesse, la solitude, des deux côtés de la vitre, et à 80% ( non même totalement) c'est le dehors que regarde Frank, qu'il photographie, il est saisi parce ce qu'il voit, et ce saisissement il l'indique peut-être de façon involontaire en photographiant les rideaux,

Ce ruminement même,
Il s'agit bien de la même vue de Frank chez Soth, la même chambre d'hôtel etc, curieusement, est-ce involontaire ou pas, le flou est inversé, chez Frank ce sont les rideaux qui sont flous, le dehors est net, chez Soth c'est l'extérieur qui est flou, les rideaux sont nets,
Frank fait parti du monde, Soth en fabrique une carte postale, est dans un flux, je ne sais pas lequel, presque dans une sorte de marché culturel, de demi-sourire entendu, j'ai envie de dire il n'est pas dans le monde, il est dans le monde culturel,
>> à une époque j'ai vraiment aimé Soth, encore maintenant je trouve que certaines de ses anciennes photos sont parmi les plus belles qui soient, mais il ne fait plus rien de bon, étrangement j'ai compris que ça merdait chez lui avec son expo au Jeu de paume, le choix des photos, ( je me souviens de ses photos horribles de dancing pour ça) ensuite lorsqu'il a fait Songbook, qui était une édition de son travail sur les régions US, aucune des belles photos ne s'y trouvaient, ( j'avais acheté les journaux qu'il éditait de ça tous les deux ou trois mois), il cherchait autre chose on se disait, je ne sais plus si son travail sur les ermites était antérieur ou pas, là était le vrai début de sa dégringolade, avant tu pouvais te dire qu'il cherchait une image parfaite, que certaines de ses photos étaient justes ratées, qu'elles rataient leur but, mais que c'etait pour ainsi dire des images entre deux autres, vers d'autres photos, ensuite le but était autre, quelque chose que je ne saisis pas par ailleurs, je n'ai pas encore fait le post sur la panique esthétique, je me demande s'il n'est pas dans ce cas aussi, la panique esthétique étant de vouloir faire de l'art avec les photos, pas au sens de Gadonneix etc, ses photos ne sont pas de l'art à priori, mais à posteriori, c'est le résultat de son travail qui devient quelque chose chez elle, elle et d'autres, panique esthétique que j'avais découvert chez Paul Graham dans une interview je pense publiée par American Suburb X, ensuite j'avais repéré cette panique chez Breillat aussi par exemple, et je l'ai retrouvé encore il y a peu chez plusieurs photographes, je crois que Soth est là-dedans, il veut faire de l'art, mais je le dis mal, il ne crée rien, il n'y arrive pas, ce sont juste des signes,
Panique esthétique chez Graham que j'associe toujours à un article du Monde, datant d'une quinzaine d'années, dans lequel Taubira disait pourquoi elle ne se présentait pas, c'était violent et déchirant, elle disait en gros sa honte quasi d'être noire, et qu'elle ne s'en sortait pas de cette honte, du regard des blancs sur elle, sur sa couleur, je ne me souviens pas vraiment beaucoup plus, elle parlait du poisson séché que mangent beaucoup de noirs, et l'haleine que ça donnait, elle disait pourquoi ils mangeaient ce poisson là de cette façon, enfin elle essayait de dire pourquoi, je pense qu'à l'époque elle aurait pu être élu, si elle n'avait pas eu peur au fond, et si elle n'avait pas eu tellement honte d'elle, je pense aussi que c'est le texte, si on dit que c'est un texte d'elle, le plus sincère jamais lu chez un politique,
Soth en fait est devenu une sorte d'équivalent de Truffaut je me dis, ressemblant de plus en plus à Desplechin, au sens de s'empater, chez lui tout est maintenant dans la citation vaine, le côté Truffaut est j'arrive à faire quelque chose du passé, je regarde le passé avec tendresse, le côté Desplechin est la citation vaine, je n'y arrive plus, il regarde avec morgue ce passé, Soth n'est pas encore dans la morgue, Desplechin je crois y est entré, tout au moins dans la suffisance, et au sens aussi qu'il se suffit à lui-même,






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